Santé

Est-ce que la maladie d’Alzheimer est transmissible à l’homme ?

Selon une étude publiée dans la revue Nature, une anomalie d’une protéine, qui fait partie des caractéristiques de la maladie d’Alzheimer, semble avoir été transmise à des humains.

Comme l’a démontré la maladie de Creutzfeldt-Jakob avec la protéine prion, plusieurs maladies neurodégénératives partageraient des mécanismes analogues : l’accumulation dans le système nerveux central de protéines anormales.

Des arguments concordant laissent à penser qu’il pourrait en aller de même avec les maladies d’Alzheimer et de Parkinson. Dans le cas de l’Alzheimer, l’une des protéines en question est la ß-amyloïde.

C’est dans le cerveau de personnes mortes qu’une équipe médicale londonienne a pour la première fois découvert des caractéristiques de la maladie d’Alzheimer, en l’occurrence « des dépôts substantiels de protéine ß-amyloïde dans le système nerveux central ».

C’est en en étudiant le cerveau par autopsie de huit malades concernés par la transmission du prion que l’équipe de John Collinge et Sebastian Brandner a découvert cette anomalie chez quatre des huit patients, ainsi qu’un foyer pathologique de la même protéine au niveau d’une région du cerveau chez deux autres des malades.

Pour les scientifiques, cette découverte suggère une transmission de l’anomalie à l’origine de la maladie d’Alzheimer.

Il faut préciser que les personnes autopsiées possèdent un âge compris entre 36 et 51 ans, qu’elles ne présentaient pas de mutation génétique associée à des formes de maladie d’Alzheimer débutant de manière précoce (avant 60 ans).

Par ailleurs, la comparaison avec une série de 116 patients victimes d’autres maladies à prion ne mettait pratiquement pas en évidence d’anomalies de la protéine ß-amyloïde chez ceux possédant le même âge.

« Bien qu’il n’y ait pas d’indication que la maladie d’Alzheimer soit contagieuse et pas d’argument fourni par les études épidémiologiques sur le fait qu’elle soit transmissible, en particulier par transfusion sanguine, nos résultats devraient soulever des interrogations sur l’éventualité que d’autres voies de transmission du prion, y compris les instruments chirurgicaux et les produits sanguins, puissent concerner les germes de la protéine ß-amyloïde et autres anomalies protéiques vues dans les maladies neurodégénératives. », conclut l’étude.

La transmission n’est pas encore formellement prouvée tempère le docteur Stéphane Haïk, qui dirige l’équipe des maladies à prions et de la maladie d’Alzheimer à l’Institut du cerveau et de la moelle épinière, à Paris. « Cette observation ne concerne qu’un petit nombre de malades chez lesquels on ne retrouve pas une autre anomalie caractéristique de la maladie d’Alzheimer, les dépôts de “protéine tau” dans les cellules nerveuses. Surtout, du fait de l’âge auquel ces patients sont décédés, il est impossible de savoir s’ils auraient effectivement développé une maladie d’Alzheimer ».

La professeure Sally Davies, équivalente du directeur général de la santé en France, se veut rassurante en déclarant : »Comme cette étude le précise elle-même, il n’y a pas de preuve que la maladie d’Alzheimer soit transmissible chez les humains, ni de preuve qu’elle puisse être transmise par un acte médical quelconque. »

Les résultats de cette étude posent tout de même des questions, laisse en tout cas de la place à une certaine incertitude.

L’obésité serait associée à une apparition plus précoce de la maladie d’Alzheimer

Est-ce que la maladie d’Alzheimer est transmissible à l’homme ? 1Un indice de masse corporelle plus élevé serait associé à une apparition plus précoce de la maladie d’Alzheimer, c’est le constat fait par une équipe internationale de chercheurs.
Etre obèse ou en surpoids à l’âge de 50 ans pourrait accélérer l’apparition de la maladie d’Alzheimer, c’est ce que révèle une étude menée par une équipe internationale de chercheurs dans la revue médicale Molecular Psychiatry.

Selon les scientifiques, chaque augmentation d’un point de l’indice de masse corporelle (IMC) accélérerait l’apparition de la maladie d’Alzheimer de 6,7 mois.

Pour arriver à cette conclusion, ce sont près de 1 400 personnes qui ont été étudiée durant environ 14 ans. Parmi elles, 142 ont développé la maladie d’Alzheimer et les chercheurs ont pu montrer que ces personnes avaient un IMC plus élevé à la cinquantaine.

En réalisant des autopsies, les chercheurs ont aussi découvert qu’un IMC plus élevé était lié à un plus grand nombre d’enchevêtrements neurofibrillaires, les modifications cérébrales observées dans la maladie d’Alzheimer.

Bien qu’ils aient démontré le lien entre l’obésité et l’apparition de la maladie d’Alzheimer, les scientifiques soulignent qu’ils ne sont pas en mesure d’expliquer les mécanismes en cause.

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