Algérie: L'Etat veut se décharger des allocations familiales; Les craintes des employeurs nationaux
Soumis par toma le mer, 2009-11-11 08:29.
La 13e tripartite risque d’être houleuse, en raison du caractère délicat des dossiers qui y seront traités. Si beaucoup d’encre a coulé quant à l’augmentation du salaiare national minimum garanti, la suppression de l’article 87 bis qui bloque aujourd’hui la répercussion de la hausse du SNMG sur les salaires, le dossier des allocations familiales qui est prévu à l’ordre du jour de cette rencontre risque également de chambouler les calculs des opérateurs économiques privés.
Le menu de la tripartite propose des discussions sur la possibilité de porter les allocations familiales à la charge des employeurs, sachant qu’elles sont aujourd’hui à la charge de l’Etat.
Cette proposition risque d’être rejetée par les opérateurs privés comme cela a été le cas lors de la 11e tripartite, lorsque, rappelle-t-on, la tripartite a adopté une telle décision mais qui a vite été annulée quelque temps après vu l’impossibilité de la mettre en application.
Aujourd’hui, à peine quelques années après, l’environnement de l’entreprise a-t-il autant changé pour envisager un changement pareil ? Certes, l’argument avancé par le gouvernement est éloquent : l’Etat ne pourra pas payer les charges des allocations familiales à la place d’employeurs étrangers, comme l’a déjà déclaré le Premier ministre.
Même si des opérateurs algériens, à l’instar de ceux affiliés à la Confédération des industriels et producteurs algériens (CIPA) disent «comprendre» la préoccupation de l’Etat, le dossier doit être traité avec toute la sagesse qu’il faut.
Selon M.Mhenni, «certes ce n’est pas normal que l’Etat prenne en charge ces allocations familiales pour des entreprises étrangères, mais il faut prendre l’état de la trésorerie des entreprises nationales privées en compte et qui sont dans une situation sinistrée». La CIPA ne s’oppose donc pas à ce principe pour peu qu’il y ait un regard objectif sur la situation de la PME algérienne qui nécessite un accompagnement sur plus d’un plan.
De son côté, le FCE, forum des chefs d’entreprise, par la voix de son président qui s’est déjà prononcé sur la question, s’oppose à une telle démarche «Non, ce n’est pas aux entreprises de les payer parce que les allocations familiales ont un caractère social très prononcé.
C’est une mission essentielle à la charge de l’Etat. Les mettre à la charge des entreprises, c’est les rendre aléatoires parce qu’elles pourront les renier par insuffisance de ressources.
Les entreprises ont des difficultés pour tourner. Dans les conditions actuelles, la position du FCE est plus que réservée» a déclaré Réda Hamiani à un confrère. M.Yousfi, de la Confédération générale des opérateurs algériens (CGEOA) a qualifié de «délicate» cette question et que seule la tripartie est en mesure de décider de son aboutissement ou non, selon la déclaration qu’il a faite avant-hier à la radio.
De son côté, l’Agea (association générale des entrepreneurs algériens) qui n’est pas signataire du pacte économique et social estime qu’une telle mesure «pénaliserait les pères de familles». Les employeurs seront sans doute sélectifs, histoire de réduire leurs charges, et recruter des pères de familles ne sera pas le meilleur moyen pour le faire.
Le gouvernement qui n’a pas encore finalisé le menu de cette tripartite confirmera-t-il ce dossier à l’ordre du jour ? Y aura-t-il une proposition de procéder à un traitement des différents opérateurs étrangers et nationaux ? C’est tout le suspense autour de ce dossier.
F. Arab
Categorie: Algérie
Ajouter un commentaire
Lire Aussi
- L’Algérie augmentera ses exportations de gaz à près de 85 milliards de m3 en 2014
- Les billets du match Egypte-Algérie en vente depuis hier: 1.900 "sésames" mis en vente à 4.000 DA l’unité
- Egypte - Algérie: Primes et surprises pour le match
- Egypte - Algérie: Les Verts y croient
- Egypte - Algérie: Ziani, Belhadj, Matmour et Saïfi Le carré d’as qui fait trembler l’Egypte

