Pour l’instant, Facebook n’entend pas supprimer les pages de soutien au « dépeceur de Montréal » car le réseau social estime qu’elles ne violent aucune de ses conditions d’utilisation. Pourtant, les pages à la gloire de Mohamed Merah avaient été supprimées…
« J’aime Luka Rocco Magnotta parce qu’il donne de l’inspiration, parce qu’il ose être lui-même, il est sympa et très, très mignon », poste Destiney D., une Canadienne de 21 ans, sur le mur de la page qu’elle a créée sur Facebook en soutien au « dépeceur de Montréal ».
La jeune femme anime la page « Support Luka Magnotta », likée actuellement par 134 personnes. Les fans du tueur s’y échangent des astuces pour pouvoir lui écrire, espèrent qu’il ne sera pas maltraité par ses camarades en prison ou minimisent son crime…
La créatrice de la page, interviewée par le National Post, explique avoir regardé une vingtaine de fois la vidéo du meurtre et du démembrement de l’étudiant chinois. « S’il y a une victime dans cette affaire, c’est Magnotta », affirme-t-elle.
Mais cette page n’est pas unique, d’autres pages et groupes ont été créés, sur lesquelles des internautes déclarent leur amour à Luka Magnotta, disent qu’ils veulent lui rendre visite ou encore se faire un tatouage à son effigie.
Un groupe, administré par Alyssa K., propose par exemple de réunir tous ceux qui sont « fascinés par Luka et qui veulent juste coucher avec lui ». Pour l’heure, il compte 205 membres.
Selon les informations du Figaro, Facebook n’entend pas pour l’instant supprimer ces pages, car le réseau social estime qu’elles ne violent aucune de ses conditions d’utilisation.
Pourtant, les pages à la gloire de Mohamed Merah ont, elles, été supprimées, mais le ministère de l’Intérieur français était intervenu. « Si la justice demande leur fermeture, Facebook le fera dans les meilleurs délais », précise-t-on du côté du réseau social.
Pour Nicolas Poirier, directeur juridique de la plate-forme Overblog, « Il est vrai que ces pages sont moralement choquantes, mais, légalement, elles sont difficiles à attaquer ». « Si l’une d’entre elles publiait un lien vers la vidéo, l’illégalité ne ferait aucun doute, ou si elle appelait clairement à reproduire son crime, cela tomberait alors sous le coup de l’incitation à la haine », précise encore le juriste.

