Luka Magnotta : Le « dépeceur sodomite canadien » fait fantasmer des centaines de femmes

Luka Magnotta
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Le « dépeceur » de Montréal a gagné. Lui qui a été recalé de castings d’émissions de télé-réalité, usé de la chirurgie esthétique et tenté le cinéma porno, est enfin devenu célèbre. A tel point que nombre de femmes lui vouent une admiration sans borne teintée d’un érotisme latent, rapporte slate.fr.

« Je suis malencontreusement attirée par cet homme depuis le premier jour où l’on m’en a parlé. Je le trouve en quelque sorte parfait sans pour autant concevoir ce qu’il a fait. […] Je suis et j’étudie son histoire à la lettre chaque jour, par curiosité, par attirance. […] Mais c’est mal ! Je dois passer pour une folle dingue et j’en suis bien consciente. Mais je n’arrive vraiment pas à l’oublier. Je ne sais pas quoi faire… Je vais jusqu’à me renseigner si les visites sont autorisées aux prisonniers à perpétuité. Parce que oui, j’aimerais un jour le rencontrer. Voir en face de moi qui est réellement cet homme dont j’ai pourtant essayé de me dégoûter, que ce soit en regardant la vidéo ou en cherchant des horribles commentaires et histoires sur lui. C’est malsain, ignoble et malade de ressentir ça », confesse une femme de 49 ans.

« Ma vie est plate et inintéressante. Je suis frustrée contre les hommes de mon âge […]. Mon obsession pour Luka a commencé quand j’ai vu ses yeux bleus rayonnants et son corps sexy. J’ai commencé à imaginer des choses, à avoir des fantasmes. L’obsession est devenue tellement forte jour après jour que je n’arrive plus à bien dormir. A chaque fois que je découvre quelque chose de nouveau à propos de lui, mon obsession augmente encore et encore », déclare une canadienne de 29 ans. Elle n’a rien dit à son mari, ni à son entourage. Pourtant, cette jeune femme a tout lu et tout vu sur cette histoire et elle lui consacre environ 12 heures par jour. D’ailleurs, son travail s’en trouve chamboulé. «A l’origine, c’était seulement de la curiosité mais au fur et à mesure, c’est devenu une véritable obsession. On peut dire que je suis devenue extrêmement attirée par Luka », précise-t-elle.

Elle explique être surtout fan de l’image qu’il a développée sur le net, à travers les 70 pages du compte Facebook qu’il a alimenté afin de cultiver son narcissisme. Cette fascination lui a même inspiré un poème :

Je ne peux détourner le regard de ton visage hypnotisant
Un spécimen unique du genre humain
Mes pensées pour toi font battre mon cœur
Tes yeux sont mystérieux et froids
Tu as l’air si fort et en même temps si doux
Ta beauté pour moi, c’est tout ce qui compte.
Mais selon cette fan, rien de tout cela ne ressemble à de l’amour. « Je veux le connaître… mais je ne sais pas encore si je voudrais qu’il se passe autre chose entre nous ». Elle admet toutefois trouver Magnotta beau et tente trouver une explication logique à son attirance pour Rocco : « C’est la première fois de ma vie que je ressens ça. Je suis bien consciente que ce n’est pas une obsession normale. Je suis tiraillée entre mon côté rationnel qui me dit d’arrêter de m’intéresser à lui et mon côté obsessionnel, qui me dit le contraire ».

Le syndrome Bonnie & Clyde

Ce phénomène d’admiration touche principalement les femmes et se nomme hybristophilie. Ce trouble est plus connu sous le nom du « syndrome Bonnie & Clyde ». Cette pathologie exerce une fascination voire une stimulation sexuelle de quidams sur des criminels violents et cruels.

« Si l’industrie du polar et du cinéma rapporte des millions en mettant en scène si souvent des meurtriers en série, c’est que la fascination des êtres humains pour ce genre de crime sordide est manifestement assez répandue », explique Louis Bérard, psychiatre et directeur des services professionnels à l’institut Philippe Pinel de Montréal.

Le phénomène ne serait pas récent. Différents criminels connus ont eu de nombreux admirateurs. Par exemple, le tueur en série français Henri-Désiré Landru, qui avait été jugé coupable du meurtre de 11 personnes dont 10 femmes au début du XXe siècle, aurait reçu plus de 4000 lettres dont 800 demandes en mariage entre son incarcération en 1919 et son exécution en 1922. Les meurtriers américains Charles Manson et Ted Bundy ont également reçu nombre de missives enflammées de femmes qui allaient jusqu’à les voir en prison.

Mais l’histoire la plus étonnante reste celle de Monique Fourniret qui commettra des crimes avec son époux alors qu’elle l’avait connu grâce à des échanges de courrier lors de précédent passage sous les verrous.