Le réacteur n°3 de la centrale d’Ohi devait être relancé dimanche malgré l’opposition de citoyens toujours traumatisés par le désastre atomique de Fukushima en mars 2011.
Malgré une opinion publique très divisée sur la question, la compagnie régionale d’électricité Kansai Electric Power avait reçu le 16 juin l’aval des autorités locales et du Premier ministre pour remettre en service les réacteurs n°3 et n°4 d’Ohi. Elle avait immédiatement débuté les préparatifs.
La municipalité d’Ohi, la préfecture de Fukui et le gouvernement central ont jugé que ces réacteurs pouvaient être remis en exploitation en toute sécurité sur la foi de tests de résistance validés par les instances de contrôle, même si des sismologues ont lancé des mises en garde et que les travaux de renforcement contre les séismes et tsunamis ne seront achevés que dans trois ans.
« Ma responsabilité est de protéger les citoyens », a reconnu le Premier ministre, Yoshiko Noda, promettant de « tout faire pour qu’un accident tel que celui de Fukushima ne se reproduise pas », même en cas de nouvelle catastrophe naturelle. Mais il a simultanément insisté sur le fait que « l’énergie nucléaire est une source d’électricité cruciale ».
La décision finale a de fait été prise en fonction de considérations essentiellement économiques, l’absence d’énergie nucléaire obligeant à des restrictions de consommation jugées pénalisantes pour les entreprises. Sans compter que la nécessité d’importer davantage de pétrole et de gaz naturel pour faire carburer à plein régime les centrales thermiques engendrent de colossaux déficits commerciaux.
Outre une pétition qui a recueilli pour l’heure plus de 7,5 millions de signatures, ces deux derniers vendredis des dizaines de milliers de Japonais ont manifesté leur opposition aux centrales nucléaires en se rassemblant devant la résidence du Premier ministre à Tokyo. « Je suis mère d’un jeune enfant et enceinte du deuxième, je voudrais qu’ils puissent grandir dans un environnement sûr », témoignait vendredi une des manifestantes.
« Je voudrais que disparaisse un gouvernement qui place l’économie devant la sécurité des citoyens », s’est agacé à maintes reprises l’écrivain et journaliste Satoshi Kamata, meneur de l’opposition à l’usage de l’atome.
Depuis trois jours, aux mêmes cris de « saikado hantai ! » (« non au redémarrage ! »), des centaines d’opposants farouches bloquent l’accès à la centrale d’Ohi pour tenter d’empêcher la remise en service, soutenus par divers rassemblements ailleurs dans l’archipel.

