Présentées vendredi, les premières conclusions des investigations mettent en cause le chauffeur du bus lors de l’accident de Sierre (Suisse) qui avait occasionné la mort de 6 adultes et 22 enfants.
Le 14 mars 2012, un car belge s’écrase contre une niche de secours du tunnel autoroutier de Sierre, en Suisse. A son bord, 52 personnes, dont 46 enfants. Les 6 adultes et 22 enfants perdent la vie.
Dans les heures qui suivent l’accident, le Ministère public ouvre une enquête.
Moins de 40 heures après l’accident, les 28 victimes sont identifiées : 23 sont de nationalité belge et 5 des Pays-Bas. Il s’agit de 10 filles âgées de 12 ans, de 1 fille de 13 ans et de 11 garçons de 12 ans. Le chauffeur, Geert Michiels, 34 ans, est mort sur le coup.
Lors d’une conférence de presse, le procureur Olivier Elsig écarte toute défaillance technique. Les investigations se concentrent désormais sur le plus jeune des deux chauffeurs. Geert Michiels avait pris le volant deux minutes avant l’accident.
Geert Michiels, le chauffeur du bus. Selon les enquêteurs, l’hypothèse la plus probable est soit un malaise, soit une inattention de sa part. L’analyse de l’épave du véhicule n’a révélé aucun défaut technique.
Il a fallu des heures pour exploiter les preuves. Cela a permis de déterminer la vitesse et le trajet du bus « à la seconde et au mètre près », selon Jörg Arnold. C’est le chauffeur le plus âgé, 52 ans, qui a pris le volant à Saint-Luc. Arrivé en plaine, le bus s’arrête, vers 21h10. Geert Michiels, 34 ans, reprend alors le volant. Il accélère de 0 à 98 km/h en 68 secondes. Puis continue jusqu’à 105 km/h durant 13 secondes. Ensuite, il enclenche le régulateur de vitesse. Celle-ci se stabilise entre 99 et 101 km/h. 36 secondes plus tard, il touche le côté droit, monte sur la bordure, puis c’est le choc frontal contre le mur en béton de la niche de secours. Ce soir-là, Geert Michiels n’aura roulé que 2222 mètres en exactement deux minutes. On retrouvera son corps au volant…
Alors que la veuve de Geert Michiels, qui s’est exprimée vendredi dans les médias, accuse une cause technique, notamment sur le régulateur de vitesse, pour les experts, ce dernier n’empêcherait ni de freiner ni de donner un coup de volant pour redresser la course. Il n’y a pas le moindre début de trace de freinage et l’on n’a pas pu constater de changement de trajectoire. Sur les 75 derniers mètres, le bus a poursuivi sa course droit dans le mur à 100 kilomètres à l’heure, alors que la route était propre et sèche.
C’est pour cela que les investigations se concentrent désormais sur le chauffeur. L’autopsie réalisée n’avait pas révélé de défaillance cardio-vasculaire, et exclu la présence d’alcool ou de stupéfiants. Les premières analyses toxicologiques n’ont rien donné non plus. Des analyses encore plus poussées sont toujours en cours.
L’hypothèse la plus probable reste l’erreur due à une inattention. A cet endroit-là, la route, après une très légère courbe sur la droite, redevient rectiligne. Geert Michiels a apparemment ignoré ce changement subtil. Etait-il distrait par quelque chose? Etait-il en train d’ajuster son siège? A-t-il juste éternué au mauvais moment ».

