Luka Magnotta : Un tueur en recherche d'image

Luka Magnotta
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Luka Magnotta est l’un des premiers tueurs connus de la « génération Facebook ». Il a pensé son crime de manière à façonner son image pour attirer l’attention des médias

Sans internet et les réseaux sociaux, le dépeceur de Montréal n’aurait certainement existé. Ce personnage de tueur narcissique peut être considéré comme un « avatar », une identité virtuelle créée de toute pièce pour attirer les projecteurs sur lui.

A voir la grande quantité de photos et de vidéos de lui-même qu’il a diffusées, ce qui a motivé Luka Magnotta n’est pas tant la volonté de multiplier les crimes que celle d’être reconnu. Pour parvenir à ses fins, cet obsédé de la dissimulation s’est construit une multitude d’identités virtuelles aux descriptions souvent contradictoires.

Et c’est pour l’un de ses « Avatar » qu’il mentionne, un mois avant le meurtre dont il est suspecté, « Tueur en série nécrophile Luka Magnotta » et décrit ses penchants : « Je suis naturellement attiré par les morts, je n’ai pas honte ».

De son vrai nom Eric Clinton Newman, le jeune homme ne devient légalement Luka Rocco Magnotta qu’à partir de 2006 et entame dès lors une quête de notoriété frénétique. Il aurait tenté de surfer sur la vague de la téléréalité et des réseaux sociaux, mais a rencontré que des échecs.

Dans sa recherche de notoriété, il provoque. Il se met par exemple en scène pantalon ouvert, mimant des actes sexuels avec un chat mort et fait l’apologie de pratiques sexuelles déviantes. Il diffuse également une vidéo dans laquelle il étouffe des chatons à l’aide d’un sac plastique puis une autre dans laquelle il nourrit un serpent avec un autre petit félin vivant. C’est le « déclic » ! Le pervers narcissique a fait mouche et ses vidéos font boule de neige sur le Web.

L’année dernière, il écrit même au tabloïd anglais The Sun : « Une fois que vous avez goûté au sang, c’est impossible d’arrêter. Cette envie irrésistible est trop forte pour ne pas continuer ». Il ajoute par ailleurs dans son courrier qu’il ne montrerait plus à l’avenir la mort de chatons mais celle d’êtres humains…

Et c’est dans la nuit du 24 au 25 mai 2012 que Luka Magnotta serait passé à l’acte et poste, par la suite, la fameuse vidéo sur internet. Face à ses échecs, le tueur a tenté de créer son propre « film culte » et de s’inventer en star.

Il parsème à cette fin la vidéo de son crime de références cinématographiques, accessible aux seuls passionnés. En titrant son œuvre « One Lunatic One Icepick », il rappelle une vidéo scatophile mondialement célèbre sur les forums Internet : « Two girls one cup ». Par ce biais, il en conscient de pouvoir attiser la curiosité d’un public prêt à tout regarder et à tout partager…

Dans sa volonté d’être connu et reconnu, le dépeceur de Montréal a déjà réussi à faire oublier l’anonyme Eric Clinton Newman. Mais à part cela, même si Luka Magnotta accède à la postérité pour son barbarisme, il restera probablement son propre plus grand fan.