Pour BVA et IFOP-Fiducial, le candidat UMP est en hausse dans les intentions de vote.
Les deux derniers sondages réalisés par BVA et IFOP-Fiducial confirment une hausse de Nicolas Sarkozy dans les intentions de vote au second tour des présidentielles 2012. Pour BVA, le candidat-président est crédité de 46,5% des intentions de vote (+1 point) alors que respectivement François Hollande est crédité de 53,5% (-1 point). Du côté d’IFOP-Fiducial, l’actuel pensionnaire de l’Elysée progresse de 0,5 point à 47%, par rapport à un recul de 0,5 point à 53% du député de Corrèze.
Mais attention, il est important de relativiser ces tendances car ces études ont été réalisées avant le grand débat de mercredi soir qui a certainement pu un impact sur les intentions de vote des Français.
De plus, cette progression de Nicolas Sarkozy est réjouissante pour lui et sa campagne, mais cela laisse toujours François Hollande assez largement en tête des sondages avec plus de 6 points d’avance alors que l’échéance de dimanche approche à grands pas.
Dans les derniers jours de cette campagne de l’entre-deux tours, il sera important de suivre l’impact du débat et l’incidence de la radication du discours de Nicolas Sarkozy.
Sondage Présidentielle : les sondages prédisent 82% de participation
Alors que certains prédisaient un fort taux d’abstention, les Français se mobilisent pour les présidentielles 2012.
Avant le premier tour des présidentielles 2012, plusieurs instituts de sondage avaient prédit une forte abstention des Français au moment de se rendre aux urnes. Les raisons invoquées étaient la période de vacances « inappropriée » pour aller voter et un soi-disant désintéressement des Français pour cette campagne. Avec près de 80% de participation, cela a été une très forte mobilisation de l’électorat.
Pour le second tour, alors que les sondages donnent François Hollande « largement » vainqueur, certains pensent que cet aspect de dire « que tout est déjà cuit » occasionnerait une forte abstention. A priori cela ne sera pas le cas !
Selon un sondage réalisé par IPSOS, près de 82% des Français seraient prêt à aller voter dimanche prochain. Cela dénoterait, contre toutes idées préconçues, que les Français sont finalement très intéressés par cette campagne ou, en tout cas, pour l’avenir de la France dans les cinq années à venir.
Présidentielle : l’âpre débat des finalistes
Nicolas Sarkozy et François Hollande se sont livré un âpre débat télévisés afin de tenter de rallier les derniers électeurs indécis.
Tout le monde avait prévus une empoignade entre les deux candidats du deuxième tour des présidentielles 2012, elle a bien eu lieu avec un candidat socialiste rendant coup pour coup au président sortant.
En retard dans les sondages, c’est Nicolas Sarkozy qui était dans l’obligation d’attaquer pour espérer faire son retard. Mais, à aucun moment dans le débat, François Hollande n’a paru en difficulté.
Pour les politologues, le résultat de ce débat devrait avoir peu d’incidence sur le vote, les deux candidats s’étant plus-ou-moins neutralisé. « Je pense que François Hollande ne s’est pas laissé impressionner, ni dominer. Ce duel ne devrait pas modifier l’équilibres des forces et, comme François Hollande est en tête, cela devrait lui en profiter » déclare Jérôme Fourquet de l’institut IFOP.
D’emblée, Nicolas Sarkozy attaque en se positionnant comme rassembleur de la France par opposition à François Hollande qu'il accuse de réunir que la gauche, à l’instar du défilé du 1er Mai. « Quand on défile derrière le drapeau rouge, avec la faucille et le marteau, c’est ça l’esprit de rassemblement ? » attaque-t-il en estimant que les allusions à Pétain venait des soutiens de la gauche. « Vous avez de la peine à passer pour une victime M. Sarkozy » rétorque François Hollande.
Lors des passes d’armes sur l’économie et le chômage, les deux adversaires s’accusent mutuellement de mentir aux Français lors d’échanges verbaux particulièrement vifs. Alors que le président ramène souvent les problèmes à sa source qui est le mandat de François Mitterrand selon lui, le candidat socialiste rétorque à chaque fois : « Avec vous, c’est très simple, ce n’est jamais de votre faute ! ».
« Avec votre besoin de démontrer l’indémontrable, vous mentez ! » accuse Nicolas Sarkozy alors que François Hollande réplique : « Vous n’avez que ce mot à la bouche, alors que vous avez une propension qui me parait réelle de commettre ce que vous accusez aux autres… ».
Fort de son expérience européenne, le président sortant s’est efforcé de démontrer qu’il avait aidé à sortir l’Europe de l’ornière au profit aussi de la France tout en concédant qu’une relance de la croissance doit encore être faite. Ces allégations sont bien évidement démontées par le candidat socialiste qui préfère affirmer : « L’Europe ne s’en est pas sortie ! » en jugeant que l’actuel chef de l’Etat n’avait rien fait ni rien obtenu !
Le candidat socialiste conclut le débat en dressant un tableau de ce que serait sa présidence en finissant par : « Voilà le choix qui est proposé pour dimanche : continuer avec vous, Nicolas Sarkozy, ou changer… ».
De son côté, Nicolas Sarkozy en appel aux électeurs de Marine Le Pen, François Bayrou et aux indécis de voter pour lui, le « spécialiste » des crises : « Nous vivons à une époque dangereuse, dans un monde difficile où il faut savoir prendre des décisions, tenir un cap et assurer ses responsabilités ».
Sarkozy-Hollande : match nul
Selon les analystes et politologues, le débat de mercredi soir a engendré un match nul entre les deux candidats.
A l’issue de 144 minutes de débat tendu entre Nicolas Sarkozy et François Hollande, il n’y a pas de vainqueur flagrant. Les avis divergent au moment de désigner celui qui s’en est le mieux sorti, preuve comme quoi ce duel a été équilibré.
Pour Nicols Demorand de Libération, « François Hollande a marqué des points face à un Nicolas Sarkozy bagarreur. Il n’a pas esquivé, loin de là, n’hésitant pas à faire monter la pression et à attaquer aussi ».
Renaud Dély du Nouvel Observateur abonde dans le sens de son confrère en estimant que « le candidat socialiste a largement dominé le débat dans lequel Nicolas Sarkozy semblait lesté du poids de son bilan ».
L’éditorialiste du Figaro Paul-Henri du Limbert considère pour sa part que ce débat était un duel entre « un ancien et un moderne », François Hollande étant le premier et Nicolas Sarkozy le second. « Tous les dirigeants européens, depuis 2008, ont perdu lors d’un scrutin majeur. Mais ils n’avaient pas face à eux un François Hollande au langage daté et une gauche disparate. C’est cette différence majeure qui donne une lueur d’espoir à Nicolas Sarkozy pour dimanche prochain ».
« Nicolas Sarkozy s’est révélé pugnace, obligeant souvent François Hollande a adopter une position défensive sur ses propositions sans que celui-ci arrive au même exercice à propos du bilan du président sortant » estime François Ernenwein, éditorialiste de la Croix. « Le chef de l’Etat a certainement marqué des points, mais sa domination n’a pas été assez décisive pour inverser la tendance » ajoute-t-il.
Thierry Michel

